Plus d'or

Introduction

Il est une malédiction orientale proférée en ces termes : " Puissiez-vous vivre une époque intéressante." C'est ce que l'on vous propose avec notre Grandeur Nature médiéval fantastique de 2002. Votre Monde est menacé par un fléau pire que tous les démons, les dieux en colère, la famine, la peste bubonique, la guerre ou MEME L'ACCOUPLEMENT DE DEUX TORTUES STELLAIRES ! La menace est la plus terrible, la plus abominable, la plus terrifiante qui soit…. Une Famine Monétaire !

Qui aurait pu croire que la disparition rapide des monnaies d'or et d'argent eut autant d'implications, de conséquences désastreuses ? Comment comprendre que cette disparition vous mène vers le Chaos ? Sauvez votre île, votre pays, votre système politique dont vous êtes l'un des nanties. Venez veiller à la survie de vos us et coutumes, de votre vie, de celles de vos descendants. Venez négocier à la table du Baron Fidgérald de Fontvieille et affronter les dangers de l'épée, du poison et de la boule de feu. Venez dominer les intrigues politiques, économiques, religieuses et culturelles.

L'intrigue

Voici 5 années, un grand érudit du commerce a rédigé un rapport en plusieurs exemplaires qui bouleversa les opinions d'une élite nombreuse. Cet homme du nom de Marcellus Fructifi est un marchand très réputé et très riche de la ville de Skaguérak Merkator. Son don des affaires et son sens de la trame économique en ont fait un érudit reconnu même sur le continent (les peuples d'Elleslande sont, la plupart du temps, considérés par les royaumes continentaux comme des barbares incultes et brutaux). Aussi, lorsque celui-ci distribua son livre intitulé " Comment le monde tombera dans le chaos par le biais de l'économie ou la crise que provoquera la famine monétaire." Le monde des marchands puis celui des seigneurs et souverains fut parcouru d'un sombre frisson. Le choc fut très important et ces conséquences furent nombreuses. Mais que pouvait bien contenir cet ouvrage ? Laissons répondre Marcellus Fructifi lui-même :

" Lors de mes nombreux voyages dans les monts du Dragon, j'eus la chance de pouvoir visiter les mines argentifères et aurifères qui abreuvent de métaux précieux l'ensemble du monde civilisé - le continent - et les terres d'Elleslande. Je rencontrais le gérant de ces mines, homme très sympathique faisant preuve d'une grande rigueur, d'une sérieuse organisation et d'une expérience indéniable dans le domaine minier. Or le jour de ma visite, cet homme me sembla très contrarié par divers rapports et analyses minières qu'il avait sous les yeux. Curieux, je lui demandais s'il avait besoin de mon aide pour les soucis qui l'accablaient. Fait curieux, il refusa prétextant mon incompétence dans le domaine de l'extraction minière. Mais, après quelques discussions, j'eus la terrible primeur de ce que je vais vous rapporter : après de nombreux forages, après des siècles d'exploitation continue, les mines d'or et d'argent étaient sur le point de se tarir et malgré tous les efforts de cet homme et de son équipe, il n'avait pas été découvert d'autres filons pour poursuivre l'approvisionnement du monde.

La nouvelle me terrifia car ma connaissance sur le développement du commerce mondiale me fit entrevoir une crise d'une ampleur insoupçonnée. Car, réfléchissez nobles marchands et puissants seigneurs, que ferions-nous sans monnaie ? Que faire sans ces quelques pièces qui nous permettent d'échanger nos marchandises ? Que deviendrait le monde sans or et sans argent ? Si vous me permettez d'extrapoler, je dirais que rapidement la monnaie disparaîtrait de la surface du globe pour s'enfermer dans les coffres de quelques demeures très protégées. Et sans monnaie, le commerce redeviendrait anarchique. Nous nous tournerions vers le troc. Mais comment fixer la valeur d'une marchandise par rapport à une autre sans penser qu'on risque d'être spolié ? Le monde risque de tomber dans le chaos le plus total car la tension provoquée par la famine monétaire engendrera des guerres de conquêtes, des pillages. Des divisions autrefois larvées grâce à l'argent réapparaîtront et le sang coulera en de nombreux filets qui se rassembleront et formeront bientôt un torrent de haine, de violence et d'intolérance "

Ces paroles prirent des allures prophétiques. Les tensions débutèrent rapidement. Comme les riches thésaurisaient, la monnaie d'or et d'argent disparut très vite des marchés et des bourses. Le prix des marchandises devint chaotique. Les pauvres en furent les premières victimes et de nombreuses révoltes paysannes éclatèrent, en particulier en hiver. En effet, le sel permettant la conservation des aliments s'importait à prix d'or et il devint très rare, du manque de numéraire pour le payer. Sans possibilité de conserver la nourriture, les populations souffrirent de la faim. La colère suivit. Mais, en plus de ces problèmes, des bandes de bandits s'organisèrent et les attaques sont devenues fréquentes. En outre, les marchands, ne pouvant pas toujours payer les mercenaires engagés pour protéger leurs convois de marchandises, virent leurs employés se retourner contre eux et faire le jeu des bandits. A cela s'ajoutent les bandes d'aventuriers avides d'or et d'objets précieux attaquant tout ce qui leur semble être de valeur. Avant même la fin de l'exploitation des mines continentales, la situation s'aggrava et la famine monétaire frappa de plein fouet.

Comment en arriva-t-on à ce résultat ? L'explication est fort simple. Non seulement les élites thésaurisèrent, mais, en plus, les gouvernements continentaux qui contrôlaient le flux d'or et d'argent qui abreuvait les terres d'Elleslande, en stoppèrent le débit. Ils conservèrent les rares productions qui se faisaient encore mais ne le partagèrent pas avec les " peuples barbares ", préférant que ceux-ci s'entre-dévorent. Chaque souverain, chaque seigneur ayant le droit de frapper monnaie et donc étant responsable de l'équilibre commercial de ses terres, tenta de trouver une parade à ces problèmes. Certains décidèrent de se livrer au pillage des villes continentales. Cela ne dura qu'un temps car les villes continentales se fortifièrent et s'armèrent en conséquence. D'autres se livrèrent au troc en essayant d'établir une charte de référence pour les échanges de marchandises. Hélas, les décisions des gouvernements ne furent pas toujours suivies dans les faits et malgré leurs efforts, ce fut bientôt l'anarchie au sein des marchés et des échanges.

Les milices citadines durent souvent ramener l'ordre, les jours de marchés ou parfois les provoquèrent elles-mêmes pour se payer sur le tas. De nombreuses personnes furent blessées ou moururent lors de violentes rixes. D'autres souverains comme ceux de Cantor ou de Strait Land cherchèrent à négocier avec les populations barbares du Sud du continent. Mais leurs efforts qui, jusque là, avaient été fructueux, se virent anéantis par la Déclaration de la Sainte Croisade par le Saint Magister d'Algandie. Ce moyen de calmer les ardeurs des chevaliers continentaux provoqua la fin des négociations entre les pays proche orientaux et les royaumes d'Elleslande. Pourtant des négociations sont en cours et des rumeurs disent que certains royaumes seraient prêts à monnayer leurs aides militaires contre les Croisés. Nous ne donnerons pas la liste des autres tentatives mais en général, elles échouèrent.

Aujourd'hui, 5 ans seulement après la parution du Fructifi (le rapport porte désormais le nom de son auteur et a des consonances péjoratives), Elleslande est au bord du chaos et de l'anarchie. De nombreux souverains ont tenté de conserver leur lien d'amitié avec leurs voisins mais il n'est pas sûr que les accords passés durent encore longtemps. Marcellus Fructifi - il se cache depuis que certains l'ont rendu responsable de la crise - a affiché ces quelques mots il y a peu : " Le monde va-t-il s'écrouler par manque de monnaies ? La question peut faire sourire mais la situation semble le montrer. Comment aurait-on pu penser que nous étions esclaves de l'or et de l'argent, qu'ils tenaient une telle importance dans notre société ? L'Homme est-il à ce point cupide, vil et sanguinaire qu'il profite de l'occasion de semer le chaos et de tuer ses frères ? "

Or il y a un mois, la plupart des souverains, des grands seigneurs, bref de tous ceux qui peuvent " frapper monnaie ", ont reçu une étrange missive. Envoyé par un certain Baron Fidgérald de Fontvieille de Montdor, cette lettre invitait ces Puissants à venir en sa demeure. Ce nobliau précisait qu'il avait trouvé plusieurs mines d'or et d'argent dont les filons semblaient très importants. Il indiquait qu'il avait exploité les minerais et que ses stocks et ses taux de production étaient suffisamment élevés pour satisfaire à la demande générale d'Elleslande. Tous pouvaient profiter de ces productions. Mais celles-ci ne seraient pas distribuées sans une compensation quelconque. Les Grands étaient conviés en son château pour proposer leurs valeurs d'échange contre les minerais bruts.

Voici pourquoi VOUS, les envoyés de ces grands, vous vous rendez sur ces terres. Les prochains jours sont d'une importance cruciale car, en ce lieu, se jouera, peut être, le devenir de tout Elleslande. Chacune de vos délégations représente des peuples, des souverains, un mode de vie et une culture auxquels vous tenez. Mais le problème est que la région où se trouve le Baron, fourmille de dangers. Vos espions envoyés vous renseigner sur les activités et la force du Baron, ne sont jamais revenus. De plus, la nouvelle s'est répandue dans tout Elleslande que de l'or se trouve sur les terres du Baron et des masses entières de personnes malfamées sont attirées vers ce lieu. Non seulement les négociations risquent d'être rudes mais les dangers de cette région peuvent engendrer de nombreux combats. Votre délégation doit donc prendre en compte ce facteur et votre seigneur y a sans doute intégré de puissants combattants, en plus de conseillers plus spécialisés dans la diplomatie et le marchandage.

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