La Route Précieuse

Intrigue

Au commencement de la Crise, il y avait le Rapport de Marcellus Fructifi, un riche et puissant marchand de la ville de Skarguérak Merkator. Son sens inné des affaires n’avait d’égal que son goût pour les intrigues économiques, et sa réputation de fin goupil l’avaient rendu célèbre jusque sur le continent.

Son livre s’intitulait « Comment le monde tombera dans le chaos par le biais de l’économie » avec en sous titre « ou la crise que provoquera la famine monétaire ». En substance, ce pavé décrivait comment l’or et l’argent ne sauraient tarder à diminuer, jusqu’à leur totale disparition à plus ou moins brève échéance.

En effet, les mines dont on extrayait les précieux minerais s’épuisaient et comme aucune autre source alternative n’avait été découverte, on courrait à la catastrophe. La publication de cet ouvrage provoqua une réaction en chaîne au sein des différents pouvoirs en place : thésaurisation, convoitises, protectionnisme, autarcie, tant et si bien que la Crise Monétaire prophétisée par Fructifi finit par éclater.

Or, la Crise ne vint point seule. Avec elle, la cohorte des Fléaux habituels ont ravagé l’île d’Elleslande sur laquelle Vous vivez : Famine, Epidémie, Guerres, Mort fut le « quarté » dans l’ordre et dans le désordre, au fil des 5 longues années que dura cette terrible situation.

Pourtant l’espoir renaquit l’an passé sous la forme d’un petit baron ventripotent dont le pouvoir n’avait fait que s’accroître tandis que tous les autres royaumes faisaient face à de bien sombres jours. Ce noble jusque-là bien falot affirmait qu’il exploitait de nouvelles mines d’or et d’argent récemment découvertes par ses ingénieurs sur ses terres. Il se disait prêt à ouvrir des négociations avec les autres royaumes de l’île pour que des échanges commerciaux dignes de ce nom reprennent enfin en Elleslande. Mais le coeur du Baron renfermait des desseins bien moins nobles que les propos qu’il tint dans ses missives.

C’était en réalité un abominable félon qui cherchait à tirer profit d’une bien encombrante source de richesse : un cimetière de Dragons ! Ce lieu sacré pour plus d’un peuple avait été enfoui jadis au coeur des montagnes de ce qui était aujourd’hui la baronnie de Montdor. Le vénal nobliau n’avait pas trouvé mieux pour dissimuler son sacrilège que de faire fondre os et écailles des dragons disparus en de vulgaires lingots qu’il avait décidés de refourguer à ses voisins en mal de métaux précieux.

Mais c’était compter sans les Elfes d’Erévorn et leurs alliés de circonstance, qui n’écoutant que leur loyauté, repoussèrent l’offre du baron et jurèrent que ce Lieu ne serait plus jamais ni exploité, ni souillé. Les minerais extraits des ossements seraient remis en place et on purifierait le cimetière à grand renfort de prières appropriées. Mais une Force Mythique n’était pas du tout d’accord avec ce genre de dénouement par trop chevaleresque et mièvre à ses yeux.

Pourquoi refuser d’utiliser des richesses qui relanceraient l’économie et permettraient aux populations innocentes de prospérer à nouveau dans la paix ? Cette Force que certains appelaient Nofia voulait que le Monde puisse enfin reprendre son évolution, et que les peuples présents à Montdor se remettent à avancer vers leur Glorieux Destin pour certains, et leur perte annoncée pour les autres. Et s’il fallait pour ce faire exploiter les restes de quelques reptiles fossilisés depuis des lustres et choquer par-là même quelques elfes orgueilleux, peu lui importait ! Usant de puissants sortilèges, Nofia tenta de déplacer le cimetière des Dragons dans un lieu où les aventuriers - qui avaient donc décidé de lui barrer la route - ne pourraient la suivre, afin de continuer à exploiter les mines. Par la suite, elle aurait pu, et à loisir, redistribuer les métaux précieux à sa guise. Mais ses plans furent déjoués par une coalition des ambassades présentes qui s’étaient liées avec un des plus anciens ennemis de Nofia : Raldar du Dragon. A l’issu de la terrible bataille qui vit le camp des aventuriers remporter une âpre victoire, Nofia fut repoussée et le cimetière sauvé. L’or et l’argent y seraient rapportés à la demande de toutes les délégations présentes, puisque leur décision était prise : non à l’or de Montdor ! La survie de leur monde ne valait pas à leurs yeux un si odieux sacrilèges.

Mais cela eut été trop beau que l’histoire se finisse ici, sur une note légère et bucolique. Les ambassades s’en retournèrent, et la Crise demeura, enflant et s’amplifiant alors que passaient les jours et les semaines, et avec elle son cortège de victimes ne faisait que grossir. La mythique Elleslande est aujourd’hui au bord du gouffre. La Faucheuse a moissonné plus d’âmes en une année que pendant les 5 qui ont précédé les palabres de Montdor. Dans peu de temps, les civilisations elleslandaises ne seront plus qu’un lointain souvenir captif des lignes jaunissantes d’un vieux parchemin moisi.

Pourtant l’espoir brille à nouveau. Les espions envoyés sur le continent ont démenti le tristement célèbre « Rapport Fructifi ». Ils ont rapporté à leurs suzerains que les mines aurifère et argentifère sont toujours abondamment productives et l’ont toujours été, malgré les racontars du félon de Skarguérak Mercator. Il ne tient donc qu’à eux de faire rouvrir la Route Précieuse, celle qui dans le passé permettait d’acheminer or, argent et autres biens du continent vers Elleslande et vice-versa. Mais de nombreuses questions pèsent sur les insulaires : Pourquoi les continentaux ont-ils fermé La Route Précieuse, qui malgré les inévitables dissonances entre l’île et le continent n’avait jamais été bloquée de mémoire d’homme ? Pourquoi, pendant 6 longues années, les continentaux ont-ils isolé Elleslande, provoquant ainsi la désormais tristement célèbre Crise ? Quels sont leurs buts et leurs motivations ? La Crise les a-t-elle touchée, eux aussi ? Marcellus Fructifi serait-il plus puissant que d’aucun auraient pu l’imaginer ? Ses plans machiavéliques seraient-ils à l’origine de la plupart des maux dont Elleslande est victime depuis 6 ans ?

AUREZ-VOUS LE COURAGE DE PRENDRE LE DESTIN DE VOTRE PEUPLE EN MAIN ET DE NEGOCIER EN SON NOM LA SURVIE DE TOUT UN MONDE ? PARVIENDREZ-VOUS A NEGOCIER LA ROUVERTURE DE LA ROUTE PRECIEUSE ?

Il ne fallut guère longtemps pour que vos suzerains se mettent d’accord pour que de nouvelles palabres soient ouvertes. C’est alors que François de Caracas proposa que les délégations affluent vers New Brymstone, la ville dont il s’était autoproclamé Comte. Détruite 12 mois auparavant par une armée de Morts-Vivants de fort mauvais alois, la ville renaît de ses cendres grâce à ce « nouveau riche », natif d’Elleslande, que le commerce florissant d’une époque hélas aujourd’hui révolue avait rendu très fortuné. Investisseur averti et homme de goût, François de Caracas reçut bien vite l’adhésion de ses invités, qui ont mis sur pied leur ambassade respective, prête à négocier jusqu’à ce qu’une solution soit enfin trouvée au marasme ambiant. La réunion est fixée pour cet été, le 8, 9 et 10 août 1452. Les yeux et les pensées de tous les vivants sont tournés vers ce lieu, car c’est à New Brymstone que va se jouer le Destin du Monde Connu.

Voici pourquoi VOUS, les envoyés des grands seigneurs d’Elleslande et du Continent, vous devez vous rendre à New Brymstone. Les prochains jours sont d’une importance cruciale car de vos décisions dépend le devenir du Monde tel qu’il existe. Chacune de vos délégations représente un peuple et son guide, un mode de vie et une culture auxquels vous tenez. Vous ne devez pas oublier votre objectif majeur, passé hélas au second plan des négociations il y a un an de cela : la Crise DOIT ETRE RESOLUE, d’une manière ou d’une autre. Vous vous devez de faire la lumière sur la Vérité ! Surtout n’échouez pas car votre vie et celle de ceux qui vous sont chers en dépend.

La tâche ne sera pas aisée car Vos Ennemis seront eux aussi présents. Et qui sait quel Destin vous attend à New Brymstone ?

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