Le Clan Du Lièvre

A/ géographie succincte :

Un guerrier dragon

Le clan du Lièvre est situé au nord de l’empire. Il a pour voisin le clan du Sanglier et le clan du Rat à l’ouest, le clan du Bélier à l’est et les terres impériales d’Oyama au sud. C’est un état tampon qui se doit de maintenir une paix précaire entre tous ces protagonistes. Ce rôle convient à cette société basée sur la communication et la pacification de son entourage.

A l’ouest, le grand fleuve « Kô » et sa chaîne de montagne sont une région difficile d’accès. Quelques voies la parcourent passant par des cols élevés et des ponts surplombant des gouffres profonds. Cette région est exploitée pour ses forêts de conifères mais tient surtout une place importante dans l’économie du clan par son élevage de vers à soie (voir soie gobeline).

Au nord, les vents gelés venant de la « mer de glace » ne permettent que l’élevage de yacks et de moutons à la laine épaisse et très appréciée. C’est aussi une zone de pêche ; les bateaux ramènent dans leurs bacs du hareng, du saumon, du cétacé parfois.

Au sud, la trouée entre les montagnes d’Oyama et les montagnes du Kô forme un couloir aérien dans lequel s’engouffrent les nuages chargés de pluies. La région sud est une région verdoyante dans laquelle poussent de nombreuses forêts de bambous que les lièvres exploitent pour leur nourriture ou pour l’artisanat. Elle est appelée la « région aux milles collines verdoyantes » en référence à son relief.

Au centre se trouve un désert de roches salines que le clan exploite. Des monastères sont construit autours des rares points d’eau et servent de point relais le long des routes de commerce qui traversent cet enfer. Quelques monastères exploitent les minerais précieux présents dans les quelques masses rocheuses de ce désert.

Une toundra s’étend à l’Est et sert de frontières avec le clan du Bélier. C’est une région verdoyante où résident de nombreux hameaux. Quelques fermes exploitent ces sols fragiles. C’est aussi un lieu dangereux et soumis aux assauts réguliers des pillards béliers. On y élève tout ce qui peut se manger et qui résiste aux raids de ces turbulents voisins. Mais des accords récents ont permis un dédommagement en chevaux. La région est parcourue de plantations d’oliviers dont on tire de l’huile. Quelques vignes éparses fournissent un vin parfumé et apprécié.

B/ Organisation du clan

1- le chef, une idole spirituelle :

Le chef est nommé « dalaï-lama ». Il est élu à vie par le conseil des Bonnets jaunes, un groupe de moines descendants des disciples du « Premier Qui trouva la Voie Lumineuse ». Le dalaï-lama s’occupe des relations avec le reste de l’empire. Il veille à la sécurité de son clan en s’assurant des bons rapports avec le voisinage. Il n’a pas d’épouse ou d’héritier car il ne peut se marier.

Il est le guide spirituel de son peuple mais est aussi une idole au sein de la Voie Lumineuse à travers l’empire. Des sages de tout horizon viennent le rencontrer et obtenir ses conseils.

Son travail spirituel lui prend énormément de temps aussi est-il aidé dans sa politique intérieur par le conseil des bonnets jaunes.

2- le Conseil des Bonnets Jaunes :

Ce conseil gouverne et assure la prospérité du pays. Il est composé comme suit :

  • Les 3 bonnets jaunes : ils sont les plus proches conseillers du dalaï-lama. Ils sont les principaux officiers du clan. Chacun a un domaine d’intervention spécifique : la Justice (basse et moyenne justice), les Affaires Economiques, les Affaires du Peuple. Ils ont sous leur ordre une foule de moines-conseillers.
  • La Parenté du Dalaï-Lama (Grands-parents, parents, frères et sœurs). Les autres ne sont pas admis en tant que résidents permanents (cousins, neveux, belle famille..). Ils ont une fonction de conseillers et n’ont pas de droit de vote ou de décision.
  • Les délégués régionaux (5) ou les « Vents » : Ils sont nommés ainsi car ils représentent la parole du peuple de chaque contrée. Ils sont élus par les chefs de villages tous les 5 ans. Ils récoltent les impôts ainsi que les doléances des administrés. Ils répartissent aussi les dons faits par l’empire au peuple.

Le conseil gère les affaires du clan. Il a en charge de mettre en application les directives impériales mais il est souvent en opposition avec ces textes contraires aux traditions du clan. Il n’hésite pas à modifier certaines lignes pour adapter le discours impérial. Cela a souvent conduit à quelques conflits avec la préfecture impériale de cette province et en particulier avec le gouverneur Lei Tang.

3-Les autres classes sociales du clan :

Outre la classe religieuse qui contrôle le pouvoir, le clan est composé d’autres catégories de populations. En dessous du conseil se place une noblesse de sang, dont l’origine date du Premier Empire. Elle n’a que peu de pouvoirs dans le clan et son nombre est réduit. La noblesse se donne par les liens du sang et aucun nouveau sang n’a été intégré à cette caste depuis des temps immémoriaux. Des rumeurs malveillantes parlent de problèmes de consanguinité au sein de cette caste dont le résultat serait l’apparence monstrueuse de certains membres. D’autres rumeurs parlent de choses plus étranges encore. Selon ces contes, certains membres auraient eu des liaisons avec des créatures inhumaines comme des dragons.

En dessous de cette caste étrange, une multitude d’artisans, de notables, d’officiers, de fonctionnaires vivent au sein des villes les plus importantes du clan et souvent autour des palais claniques. (voir les villes du clan). Le reste de la population est formé par le peuple et les serviteurs.

C/ l’économie du clan :

La soie gobeline, une richesse rare !

La soie gobeline est un tissage de fils fin qui demande une technique très spéciale. Le Lièvres sont devenus experts dans cet art et leurs créations sont vendues dans le monde entier. La soie provient du cocon d’un insecte appelé le papillon lune. Il porte ce nom car il a des ailes blanches, vit la nuit et, au moment de la parade nuptiale, des milliers d’entre eux s’envolent et forment des sphères virevoltantes qui sont comparables à une seconde lune pendant les deux mois d’été des régions montagneuses

Ils nichent dans des grottes qui sont recouvertes de mousses phosphorescentes. Leurs chenilles peuvent s’en nourrir pendant le début de l’hiver. Puis elles forment un cocon pour hiberner et se transformer. C’est là que les Lièvres interviennent. Ils réveillent les larves et récupèrent les fils. La larve peut ainsi faire 3 à 4 cocons par hiver. Les fils sont déroulés et filés sur des pelotes. Ensuite vient le défilage afin de teindre le fil. Un séchage est nécessaire. Enfin arrive le tissage. Toute cette préparation demande des mois. Le tissage est ensuite complété par des suppléments (métaux, pierreries, tissus,….).

L’un des problèmes des Lièvres sont les gobelins des roches. Les humains doivent les combattre régulièrement car ces créatures vivent sous les montagnes et se nourrissant parfois de la mousse phosphorescente ainsi que des larves. Ces bipèdes grisâtres n’apprécient guère qu’on leur vole leur nourriture ou qu’on pénètre dans leur logis. Ils sont aidés par les « groins noirs ». Ce sont des orcs vivants dans les vallées encaissées et qui viennent saccager tout ce qu’ils trouvent. Cette région est inhospitalière, mais c’est la seule à comporter les papillons-lune. Le clan du lièvre y a donc installé des places fortes que sont venues renforcées les troupes de l’empire.

La soie de ces monts est tellement pure que les efforts faits pour garder ce « marché » sont passés dans les mœurs des gens de la région.

Le Sel, l’or blanc :

L’autre richesse du clan se trouve dans une des régions les plus hostiles du monde : le sel. Ce condiment permet la conservation des aliments et est très utilisé dans tout l’empire. Son exploitation est difficile et nombre de travailleurs meurent d’insolation, de déshydratation ou dévorés par la Mort Rampante, un énorme scarabée qui se dissimule sous le sable et attaque tout ce qui fait frémir le sol désertique. C’est une créature vorace qui dort souvent non loin des mines d’extraction de sel.

Les pierres semi-précieuses :

Comme nous l’avons signalé dans la présentation géographique du clan, certains monastères cachent des mines de pierres semi-précieuses. Ces pierres sont souvent associées aux vêtements de soie gobeline. Mais certaines sont très recherchées par les moines car elles sont des amplificateurs de focus particulièrement utiles.

L’huile et le vin de l’Est :

Ces denrées sont très appréciées dans l’empire mais aussi par les béliers. Leurs pillages répétés rendent ces denrées rares et donc précieuses. Cette huile et ce vin sont parfumés avec subtilité, aux embruns de thym, de lauriers, de romarins, de menthe sauvage ou de framboise.

L’élevage de yacks et de moutons apportent d’autres produits au clan. Les yacks permettent la création de fromages aux senteurs… fortes. Le cuir de yack est parfois utilisé par les lièvres pour les vêtements des montagnards ou pour la confection de sacs. Les moutons donnent une laine chaude et fournie. Sa douceur rivalise avec celle de soie ordinaire. Seule la soie gobeline a une douceur supérieure à cette laine. Les moutons forment enfin une alimentation carnée très appréciée.

Quelques lieux importants :

Durant l’année, la cour se déplace entre divers palais dans le but de gérer la province mais aussi afin d’exécuter certains rites sacrés. Trois palais sont le lieu de villégiature de la cour auquel s’ajoute un séjour dans la cité impériale de la province.

  • Le « palais d’hiver » est à Lassha dans les montagnes de l’ouest. C’est l’ouvrage le plus imposant jamais construit par les Lièvres. C’est une place forte imprenable. Il se compose de deux niveaux superposés. Une enceinte sacrée protège une bâtisse de grande taille. Des textes sacrés sont gravés le long de ses murs et des statues des Eveillés veillent à chaque lieu de passage. Des gardes fanatiques sont prêts à se sacrifier pour protéger la sacralité du palais.
  • Le palais blanc « Kimlah » se trouve dans le désert central. Il est creusé dans un énorme bloc rocheux et est parcellé de galeries, de salles immenses aux milles statues. Dans les souterrains du palais sont enfermés les restes matériels des plus grands sages de la Voie Lumineuse, attendant leur nouvelle incarnation pour revenir à leur propriétaire. Il contient aussi un grand nombre de temples cérémoniaux ainsi qu’une immense bibliothèque dans laquelle sont archivés de nombreux textes sacrés.
  • Le palais rouge, « Dalha », situé à l’est du territoire, dans les terres verdoyantes, est réservé aux réceptions, aux ambassades et aux diverses réunions importantes. Autour de ce palais, une ville fortifiée s’est développée. Une grande partie de la population régionale y vit. C’est le centre administratif et judiciaire, le plus gros centre de commerce de toute la plaine pendant les jours chauds.

D/ Mœurs et culture du lièvre :

Devenir un homme :

Pour un lièvre, devenir un homme se fait selon un rite précis annuel. Il se fait toujours pendant l’hiver et dure jusqu’aux fêtes de printemps.

Les chasseurs vont capturer un ours laineux. Un groupe de jeunes prétendants arrivent dans une arène avec un panier en osier qu’il faudra remplir de laine. On lâche l’ours. Les adolescents doivent arracher la laine de l’ours sans se faire toucher. Ce rituel prouve le courage, la détermination et les qualités combattantes des candidats. S’ils survivent, on les soigne. Le bonnet jaunes les félicitent et un grand banquet est organisé.

L’ours sera désormais sous leur responsabilité jusqu’au printemps. Ils prouveront ainsi qu’ils peuvent subvenir aux besoins d’un plus faible ainsi que leur compassion.

En simultanée, ils doivent trouver un tisserand qui leur fera une parure qu’ils offriront à leur promise. Pour cela, ils doivent parcourir la région et trouver celui qui leur demandera un payement acceptable. Ce voyage prouvera leurs qualités physiques et commerciales. Ce sont deux des aptitudes permettant de prospérer.

Une fois le printemps arrivé, ils remettent leur don à la jeune fille de leur choix qu’ils peuvent courtiser pendant un an. Le mariage n’est pas toujours au rendez-vous mais ce badinage est la dernière leçon que l’on apprend au cour de ce rite.

Le rituel funéraire :

L’un des événements rassemblant toute une famille est la mort d’un ancien. Les funérailles durent en général 2 jours.

Le premier sert à pleurer l’être disparu. Tout le monde amène un don pour le mort. Il représente ce que l’on pensait de lui. Le cadeau peut être somptueux ou une simple déjection de chèvre. Personne n’a le droit de s’offusquer pendant les funérailles (les comptes se règlent après la cérémonie). Les moines l’enterrent ou le font brûler selon sa croyance. Des prières et des lamentations se font entendre pendant toute la journée.

Le second jour est le moment de la fusion de l’âme avec l’univers puis de sa réincarnation. De l’aube au repas de midi, les invités prient « Les Grands Flux Célestes » de bien vouloir intégrer l’essence du mort dans l’harmonie cosmique. Des prières rituelles y sont consacrées.

Le repas qui suit la cérémonie est frugal afin d’accompagner la diète faite par le cadavre. L’après-midi, c’est le moment de la réincarnation du « Chi » du disparu. Les proches se rassemblent autour du prêtre. Des prières sont chantées puis des offrandes sont faites au prêtre pour le remercier. Le soir, un banquet est organisé pour songer aux paroles de l’Eveillé qui a su échapper à la malédiction cyclique de la réincarnation.

La place des femmes dans ce peuple ritualiste

La doctrine des lièvres demande une concentration totale de la part des moines. Rien ne doit les distraire de l’élévation de leur âme. C’est pour cette raison que peu de moines se marient, le mariage étant considéré comme source de joie et de troubles de l’âme. Très peu de femmes sont admises dans les monastères sauf dans les monastères étatiques qui ont plus de moyens et qui sont soumis aux pressions de l’Empire. Cette discrimination des lièvres est combattue par le concept de l’égalité des âmes contenue dans chaque humain, prôné par les Sages reconnues par l’Empire. Selon eux, en chaque être se trouve une part de masculin et une part de féminin, assemblée dans le corps comme les Eaux Célestes au temps jadis.

Afin de prouver leur valeur et avec l’appui de l’Empire, les femmes se sont emparées des places les plus respectées et les plus intéressantes à leurs yeux :

  • les scribes officiels
  • les vents et les brises
  • les délégués aux affaires internes.

Elles ne sont jamais bonnets jaunes ou dalaï-lama. Actuellement, elles sont 10 scribes + 7 assistantes, 1 vent, 2 brises, 1 délégué aux affaires internes.

Les rituels officiels féminins tels que le passage à l’âge adulte reste très discret et se fait entre femmes d’une même famille ou d’un même village. Certaines sanctions ne sont pas données en public par pudeur. Une humaine, malgré ses fautes, ne sera jamais jugée perdue irréversiblement.

Une femme peut vivre seule, mais ne peut divorcer. La religion ne le tolérant pas, elle doit suivre des leçons afin de retrouver la lumière éternelle que son âme a perçue dans celle de son compagnon. Ce voyage initiatique est très dure physiquement. L’homme est sensé la retrouver pour lui prouver qu’elle compte encore à ses yeux. Si ce rituel est refusé ou ne fonctionne pas. La séparation est officielle mais aucun ne pourra se remarier car ils restent liés jusqu’à la mort de l’un d’eux.

Les femmes du peuple qui reste dans les histoires sont celles créant de fastueux vêtements ou qui furent de grands porte-paroles. Leurs créations des premières sont souvent peintes sur des fresques ou enchantées pour quelles durent pendant plusieurs générations. Cette magie étant rare, seuls quelques atours sont conservés de cette manière.

Les enfants sont élevés dans leur famille. Si un sinistre arrive, ils sont recueillis dans des monastères étatiques. Les jeunes filles seront éduquées selon leurs âges et leurs aspirations naturelles. Elles seront dépendantes du monastère jusqu’à leur majorité où elles doivent quitter le clan ou rejoindre un monastère impérial.

Le style vestimentaire

Il est défini par la fonction et la richesse de chacun.

Tous les Lièvres savent que :

  • La couleur jaune est le rappel du pouvoir car c’est la couleur du soleil bienveillant.
  • Le rouge défini la force de combat.
  • Le blanc est le signe de la mort
  • Le bleu démontre de grandes qualités morales
  • Le vert désigne l’harmonisation avec les forces naturelles
  • Le noir assure la pureté ou l’innocence.
  • Le brun, ou le marron montre l’assurance du travail bien fait.

La tète chauve ou le port d’un bonnet de prêtre lamaïste prouve la dévotion. La ceinture définit l’honneur (ex : jaune = ne considère que seul le « pouvoir » est digne) (ex : rouge à barrette blanche = il ne se battra loyalement que contre les guerriers et pour défendre les innocents.)

Il existe de nombreuses mouvances du style vestimentaire dans la province du lièvre mais seuls les moines et les prêtres peuvent porter la toge.

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