Le Clan Du Rat

I/ Le politique

1. Le gouvernement du clan :

Celui-ci est des plus classiques. Un chef charismatique et guerrier est le roi du clan, représentant de l’autorité impériale auprès de son clan et représentant du clan auprès de l’Empire. Sous son autorité, une élite guerrière mène le pays d’une main de fer. Elle forme l’aristocratie de ce peuple. En dessous de ces nobles, on trouve les religieux puis le peuple et enfin les esclaves.

a. Le chef :

Le clan est soumis à l’autorité d’un chef charismatique dont les vertus guerrières sont glorifiées et mises en avant. Il se nomme Axtar In’Shao et il a 60 printemps. Sa vigueur guerrière est depuis longtemps affaibli par l’âge mais sa prestance et sa renommée au sein de son peuple en font encore un souverain respecté.

C’est un homme cruel et sans pitié avec ses ennemis. Il est connu à travers l’Empire sous divers sobriquets tel Le Boucher de Yan Song, La Terreur des Prairies Brûlées, etc. Il fut l’un des appuis militaires de l’Empire lors de quelques campagnes particulièrement violentes. Mais il est aussi assagi par les ans passés à régner et à observer les autres clans et l’empire. L’âge lui a appris que la force guerrière n’était pas toujours la meilleure option et rarement la seule. Depuis son arrivée au pouvoir, Axtar a copié une institution puissante de l’empire : l’espionnage. Il est l’initiateur des guerriers de l’ombre, les jin ji, qu’il n’hésite pas à utiliser pour connaître les agissements de ses ennemis comme de ses amis. Par contre, ces guerriers n’ont pas la même philosophie que de vulgaires assassins. Le sens de l’honneur propre aux mentalités de ce clan influent sur les attaques de ces guerriers de l’ombre (voir plus loin). Ainsi l’égorgement n’est pas une technique utilisée par ces guerriers.

Axtar n’est en aucun cas considéré comme un dieu ou un être doué de pouvoirs spéciaux. Cela ne sied pas à la philosophie de ce peuple. Tout au plus Axtar est-il considéré comme le digne fils de ces Ancêtres prestigieux. Il est marié à trois femmes et chacune lui a donné de nombreux fils et filles, aujourd’hui adultes ou adolescents. Sa famille est précieuse à ses yeux comme l’est son peuple.

Mais ce vieux guerrier ne fut pas toujours un père attendri. Il fut et reste l’un des Grands Guerriers dont les exploits sanglants, la cruauté et la bestialité sont loués dans les chants religieux du clan. Les rapports impériaux racontent que lors d’une attaque contre les sangliers, Axtar aurait personnellement décapité un millier de victimes dont les crânes s’entassent dans le sanctuaire familial.

Outre son charisme et ses mérites guerriers, Axtar possède un butin extraordinaire. Sa richesse est digne d’un noble dragon(membre du clan du même nom), selon les rumeurs et cela ajoute encore plus de puissance à son autorité. Axtar n’aime pas trop puisé dans son trésor même pour son peuple mais si la nécessité devient pressante, il en usera. Par contre, il finance sur ces deniers personnels une troupe de guerriers, braves parmi les braves pour sa garde personnel.

Axtar est encore de ce monde car pour le destituer, il faudrait parvenir à le tuer, ce qui n’est pas simple vu que la loi du Défi a été supprimée par ce roi en conformité des lois impériales.

b. La noblesse :

Ce corps est formé d’hommes et de femmes libres, propriétaires de leurs terres et de leurs demeures. Le domaine d’un noble est cultivé par une foule de paysans et d’artisans qui se sont placés sous la protection de ce noble en échange de servitudes, corvées et autres. Au contraire du système féodal occidental, des lois strictes protègent l’homme qui se place en position de soumission.

Il existe en effet plusieurs types de servitude qu’il ne faut pas confondre. : la servitude guerrière, la servitude pénale et la servitude contractuelle (développé dans le chapitre économie)

La plupart des individus travaillant sur les terres d’un noble se sont soumis à une servitude contractuelle mais il peut s’agir de servitude guerrière, butin ramené des combats par un guerrier distingué par son supérieur. Il est plus rare qu’il s’agisse d’une servitude pénale. Ces servitudes se retrouvent dans les domaines communaux ou sur les grands chantiers organisés par le clan (canaux, fortifications, etc.).

Les nobles sont divisés en une hiérarchie organisée sur le principe de la puissance guerrière du chef de famille (homme ou femme) et sur les distinctions obtenus lors des campagnes militaires ou au service du clan. Cette hiérarchie se distingue dans les vêtements par la largeur du bandeau familiale porté en travers la poitrine. S’y ajoute diverses broches dont la broche familiale mais aussi les broches/distinctions/médailles obtenus par le guerrier. Les broches sont organisées selon une échelle de mérites.

La plupart de ces nobles sont des militaires aux yeux de l’organisation impériale. Ils possèdent des grades attribués par l’administration en fonction de leur mérite au combat. Ce qui se conjugue parfaitement avec la philosophie du clan.

c. Les religieux :

Nous parlerons plus loin des notions de culte et de croyances au sein du clan mais signalons que les membres du culte sont considérés comme des élus, des illuminés. Ils sont considérés comme des sages, des précepteurs de la vraie voie. Ils ont un rôle central dans l’organisation du pouvoir. Ils ont un rôle de conseiller, de juges, de percepteurs des impôts, etc… Ils sont l’organe administratif et législatif du clan tandis que la noblesse est plus l’exécutif et le militaire.

Les religieux sont aussi les porteurs de savoir et en sont donc les enseignants théoriques. La pratique guerrière reste l’apanage de la noblesse.

Ces religieux sont aussi des fonctionnaires qui ont passé les concours impériaux et qui peuvent grimper les échelons de carrière au sein de leur clan ou dans d’autres organisations impériales. Dans ce second cas, ils sont alors obligés de prêter serment de loyauté à l’Empire et après une longue mise à l’épreuve, ils reçoivent la marque impériale de la Loyauté sur le front. A partir de cet instant, ils ne sont plus considérés comme membre du clan du Rat mais comme un membre d’Oyama. Rares sont les individus qui ont obtenu cette distinction.

II/ L’économie :

Les revenus du clan sont surtout des revenus liés à la culture céréalière et légumineuse. En effet, même si l’hiver est souvent rude, l’été est chaud. Un climat presque continental règne sur l’ensemble du territoire. Par le biais d’une bonne irrigation et d’un travail de la terre efficace, les terres produisent de grandes quantités de blé blanc. Hélas, cette culture n’est guère appréciée dans les pays du sud de l’empire à l’exception du clan du dragon.

Outre la culture du blé, les rats cultivent la betterave à sucre et certains légumineux comme les pois ou les fèves ainsi que des crucifères (choux, …). Grâce à la betterave, les rats produisent un sucre très agréable qui sert aussi bien dans l’alimentation qu’à la production de vin ou de liqueur dans d’autres clans.

Les rats ont une autre richesse sur leur terre, un or sombre qui brûle dans leurs chaumières : du charbon.

Il n’est pas rare que ces mines, ces champs soient cultivés par un grand nombre d’esclaves classés selon trois catégories : la servitude guerrière, la servitude pénale et la servitude contractuelle.

a. La servitude militaire :

Lors des expéditions militaires, il arrive que des personnes soient ramenées comme butin,, qu’il s’agisse de soldats capturés à l’ennemi ou de civils faits prisonniers lors e conquêtes ou de razzias. Dans ce cas, ceux dont on s’est ainsi emparé peuvent être attribués à des militaires à titre de part de butin ou de récompense, soit au chef et son gouvernement. Ce dernier peut choisir de les enrôler dans l’armée ou de les envoyer travailler sur de grands chantiers (percement de canaux, fortifications, constructions de demeures, etc.). il peut aussi les vendre et obtenir un bénéfice financier immédiat.

b. La servitude pénale :

Certains délits sont d’autre part punis de la servitude temporaire ou définitive, rachetable ou non, selon le degré de la responsabilité reconnue.

Ce peuvent être des délits commis soit par la personne condamnée, soit par un proche, dans des cas graves où la condamnation entraîne la servitude de toute la parenté du condamné. Ces cas étaient prévus par la loi et sont exposés dans les Lois Ancestrales du clan. Les personnes ainsi réduites en esclavage deviennent propriété du village, du Rei (district) ou du chef.

c. La servitude contractuelle :

En un mot, l’individu se lie par contrat légalement passé entre une personne désireuse de se vendre et son acquéreur. Ce type de contrat oblige l’acquéreur à fournir au serf un gîte, un couvert et surtout une protection armée à celui qui se place sous son autorité. Le serf ne reçoit aucun salaire et doit en contre partie cultivée la terre qui lui est alloué et remettre 80 % de sa récolte à son protecteur. En vertu des Lois Ancestrales du clan, un père de famille peut vendre ses enfants tout comme il peut se vendre lui-même.

d. Une pratique différente des servitudes, le compagnonnage :

Le compagnonnage consiste à placer chez un maître un de ses enfants afin qu’il apprenne un métier, un art et entre au service du maître. En échange d’un droit d’entrer variable, l’enfant sera formé au métier durant un temps plus ou moins long afin de devenir un maître dans son art. il arrive dans la vie d’un compagnon qu’il doive partir chez un autre maître afin de parfaire son éducation et son art. Cette pratique génère une circulation de biens financiers car l’enfant pour entrer en apprentissage doit verser une somme. Par la suite le maître doit en plus de son apprentissage, lui fournir le gîte et le couvert. De plus, l’élève peut recevoir un salaire à partir de deux ans de compagnonnage pour le travail qu’il effectue pour le maître. Cette pratique touche l’ensemble des échelons de la société du clan et même le chef de clan a des élèves sous son autorité, souvent des fils de grandes familles (otages ?)

III / La culture :

a. L’art Xiongnu

Ce clan cultive un art un peu à l’écart des standards impériaux. Mais cela n’empêche pas cet art d’être apprécié dans l’ensemble de l’Empire, par sa finesse et sa complexité.

Les artisans refusent généralement toute représentation narrative et s'en tiennent, lorsqu'ils dessinent des animaux et des êtres humains, à des figurations isolées ou imbriquées les unes dans les autres sans volonté réaliste.

Les décors zoomorphes et anthropomorphes ne sont pas très fréquents. Ce sont surtout les compositions d'inspiration végétale qui envahissent tous les objets et viennent se mêler, dans des hybridations inédites, au bestiaire, aux masques humains et aux têtes monstrueuses.

Les motifs se décomposent en formes curvilignes et en volumes arrondis simples ; ils s'intègrent systématiquement dans des compositions géométriques rigoureuses et parfois très complexes, plus ou moins habilement masquées. Des perles de corail agrémentent parfois l'ensemble mais parfois on retrouve des pierres de jades ou de platines dans ces motifs.

Chaque motif, chaque animal a un sens et une fonction ; des correspondances subtiles s'établissent entre les différentes formes de représentations, des plus géométriques aux plus figuratives. Ce sont parfois des motifs à but religieux, exprimant une qualité ou une vertu. Il peut s’agir d’une pensée philosophique en rapport avec leur mode de vie et leur vision du monde. On raconte que certains objets très anciens et sacrés ont un motif renfermant un grand pouvoir. Cet art est sans doute à l’origine des artefacts magiques telle qu’ils sont conçus par les mages ou les prêtres.

L'art ornemental du premier style est avant tout aristocratique. Les compositions les plus complexes ornent les vases métalliques, les armes les plus prestigieuses, le harnais des chevaux. Mais d'autres compositions végétales plus simples envahissent aussi les productions métalliques communes, comme les colliers, les broches ou les ceintures. Les décorateurs ne travaillent pas seulement le métal. D'autres matériaux sont également ornés, comme la céramique, le tissu, le cuir et le bois

b. Culte

Les bâtiments cultuels sont construits en bois et ont une durée de vie réduite. Les objets les plus fréquemment trouvés dans ces lieux sacrés sont des armes qui forment des panoplies auxquelles on applique divers traitements : destructions rituelles, exposition à l'entrée du lieu de culte. Dans certains cas, on expose également des corps humains qui subissent des manipulations complexes : dépeçage, démembrement, réduction...

Un observateur attentionné notera un lien privilégié entre ces sanctuaires et le monde de la guerre. Certains d'entre eux constituent des trophées monumentaux faits des corps et de l'équipement des ennemis vaincus lors de batailles opposant les armées du clan à leurs ennemis. Le terrible spectacle offert par ces sanctuaires a souvent impressionné les visiteurs étrangers et le clan fut longtemps considéré comme un membre de la bannière des Ténèbres. Ce n’est que depuis deux siècles, que ce clan a rejoint la bannière du crépuscule.

Ces sanctuaires ont une fonction politique autant que religieuse. Ils servent de lieux de rassemblement pour une tribu, un peuple ou une confédération de peuples. Quelques sanctuaires ont été englobés dans de vastes enceintes, qui sont devenus des lieux de fêtes et de réunions.

Le développement des sanctuaires s’est développé de pair avec l'organisation d'un corps sacerdotal composé de plusieurs catégories de clercs, parmi lesquels les Sichuans. Ces prêtres (considérés comme des druides) se présentent comme des visionnaires inspirés, des mages extatiques, purificateurs et guérisseurs, sorte d’homme divin, médiateurs entre l’homme commun et le Ciel. Ils se disent doter d’un don de voyance qui leur permet de voir l’invisible et de se remémorer leurs existences antérieures. Ces religieux marient à la fois l’ascétisme, la purification et la revendication politique, l’action dans les affaires publiques. Leurs pratiques magico-religieuses sont celles du chamanisme. (voir « le chamanisme »)

Leurs existences quotidiennes sont empruntes de tabous comme de ne pas manger de fèves ou d’œufs, de ne point entrer dans la maison d’un mort, etc.… par contre, ils exaltent le courage à la guerre et l’honneur dans la mort. « Il est noble de mourir à la suite de ces blessures reçus en face » ou encore « il faut combattre non en paroles mais en actes, car il est juste et pieux de faire la guerre quand on la fait homme contre homme ». C’est sans doute cette façon de penser qui a fait placé le clan dans le Crépuscule.

Le récit fondamental de la mythologie du Rat est le Xath Mai Tiruandh, ou « Bataille de la plaine des Piliers », qui raconte la lutte des Grands Ancêtres, contre les génies oppresseurs et destructeurs que sont les Fo Moi. Après une première bataille contre les Grands Esprits Animaux, qui leur a assuré la souveraineté, les Grands Ancêtres furent contraints de prendre à leur insu, un roi Fo Moi, Sha Tieng, parce que leur propre roi, Núada, a eu le bras droit coupé dans la bataille. Mais Sha Tieng, mauvais roi, s'attira les moqueries d'un poète et dut « faire restitution de la souveraineté ». Celle-ci est rendue à Núada, qui porte désormais un bras d'argent. Sha Tieng appelle à l'aide les Fo Moi, qui, venant de sous le monde, envahissent le territoire du clan. Les Grands Ancêtres furent sauvés grâce à l'intervention de Stil-Phang, un chaman loup qui organisa la lutte en faisant appel à tous les « spécialistes » : Sichuans, guerriers, échansons, poètes, artisans... Après une bataille gigantesque, les Fo Moi furent exterminés ou repoussés.

Si ce récit est conté de la sorte dans les villages du Rat, il correspond à une autre perception au sein de l’Empire. Selon certains érudits impériaux, ce récit est à mettre en rapport avec les événements marquant la fin du Premier Empire. En fait, lorsque les Animaux furent capturés par l’Empereur de Jade, des vagues d’énergie ont parcouru les Terres sacrées. L’une des conséquences fut d’ouvrir un passage entre la Terre et les Profondeurs, suivi de l’arrivée de génies du Dessous, de démons, etc. Selon le récit et selon les érudits impériaux, il semble que le clan du Rat fut obligé de se placer sous l’autorité d’un de ces « Foi Moi », contrainte dont ils n’ont pu se libérer qu’en appelant l’aide d’un génie du Dessus. Bien sûr, les Rats ne reconnaissent en rien les propos impériaux à ce sujet.

c. Mœurs et Comportements :

A la lecture de ce qui précède, vous devez mieux percevoir la façon de penser et de croire de ce peuple qui oscille entre une violence destructrice et un certain sens de l’honneur guerrier, respectueux de son ennemi pendant le combat mais aussi prompt à montrer sa victoire dans ses sanctuaires.

Mais il s’agit aussi d’un peuple passionné, enflammé parfois dans ses actions comme dans son art. Leurs croyances sont très importantes dans leurs vies. Le système de compagnonnage est profondément ancré à toutes les échelles sociales au sein ce peuple, renforçant ou créant des liens forts entre les familles et entre les tribus.

La femme a une place identique à l’homme malgré ce qu’un étranger pourrait croire. Dans les légendes de ce peuple, l’image de Mi Yung Tao, une femme qui fut générale d’armée dont les glorieux combats sont encore aujourd’hui dans les mémoires, valorise la place de la femme, mère, meneuse, guerrière. Un épisode raconte comment alors qu’elle est enceinte, cette valeureuse guerrière s’en est allée combattre l’ennemi à la tête de ses troupes. L’ennemi battit en retraite. Peu après le départ de l’ennemi, l’héroïne accoucha d’un beau garçon qui fut considéré en son temps comme un demi-dieu. L’accouchement l’avait affaibli et l’ennemi, apprenant son état revint à la charge. Mais c’est alors que, bien que faible, l’invincible guerrière revêtit son armure, empoigna ses armes et se mit en hauteur prête à commander ses troupes. L’armée ennemie, voyant qu’elle était là, déguerpit en laissant de nombreux morts et un grand butin.

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