Le Clan Du Singe

1 - Introduction :

Pangu est le nom de Premier Homme, fils aîné du Roi-Singe, celui qui donna la Vie à toute l’Humanité. Les membres du Clan du Singe en sont ses descendants directs, et en tirent une immense fierté.

2 – Organisation politique :

Afin de survivre dans un environnement qui leur parut rapidement hostile, les membres du Clan du Singe se sont ralliés autour d’un chef unique et suprême, chef politique, mais aussi dirigeant de sa propre guilde marchande et chef des armées, à qui il revenait d’administrer la vie de ses ouailles et de les aider à dominer leur environnement. Le premier de ces chefs fut un dénommé PANGU Xiaolao (Pangu le petit sage), un être rusé et très inventif, à l’image de son illustre ancêtre. Là où d’autres peuples auraient choisi le plus fort ou le plus grand membre de leur clan pour les guider, les Pangus avaient choisi un petit homme capable de surpasser en intelligence la plupart des créatures vivant alors sur terre. Depuis lors, cette règle n’a pratiquement pas changé.

A l’heure actuelle, le Clan du Singe est dirigé par QING Laoren (prononcer Tsing Laojen), Prince Omnipotent élu à vie parmi les Pairs du clan (qui représentent environ 3% de la population totale). Les gens du peuple (environ 30% de la population), maintenus au calme par une armée puissante (20% des Pangus sont des soldats) à la solde du Prince Omnipotent et des Pairs, ne savent pas vraiment comment ont lieu ces élections. Leur seule véritable préoccupation est de trouver le moyen qui fera d’eux des bourgeois ou leur permettra au moins de trouver assez d’argent ou de nourriture pour survivre jusqu’au lendemain. Les bourgeois (environ 12% de la population) soutiennent ce système politico-économique qui leur permet une grande flexibilité pour trouver artisans qualifiés, ouvriers journaliers et esclaves à volonté (les esclaves représentent 35% des humains vivant dans la province du Clan du Singe).

Les fonctionnaires, en fonction de leur rang et de leur salaire, se répartissent entre soldats, bourgeois et membres du peuple. Les fonctionnaires et les soldats envoyés par l’Empire en territoire Pangu ne sont pas officiellement comptés parmi les membres du Clan, tout comme les membres du Clan qui ont rejoint les armées et le fonctionnariat impériaux. Les Singes apportent un soutien indéfectible à l’Empire depuis sa création.

L’organisation au sein du clan est calquée en tout point sur le fonctionnement de l’Empire, et les Ministères Impériaux voient leur autorité fidèlement relayée par des Offices dirigées par des Officiers Principaux placés sous les ordres du Prince Omnipotent et sous la tutelle des Ministères.

Le Prince Omnipotent et ses aînés avant lui ont, depuis leur création, voué toute leur vie au service de l’Empire et de leur Clan. Ils le disent dans le serment qu’ils prêtent à leur nation le jour de leur intronisation : « Par le glaive et par la pensée, par le cœur et par les faits, toute mon âme se tourne vers l’Empire, sans qu’aucun des miens mon soutien ne voie fléchir. Singe je suis, Singe je resterai, pour la Gloire des 2 qui ne font qu’1 et la Bonne Fortune des miens. »

Son Altesse Sérénissime le Prince Omnipotent QING Laoren, cousin germain de l’Impératrice, est du haut de ses 50 ans encore dans la force de l’âge. Il n’a pris les rênes du pouvoir qu’il y a 5 ans à peine, après des années passées au Ministère de l’Economie et des Finances, suite à la tragique disparition de son prédécesseur, son vieil oncle QING Lu, retrouvé mort dans son jardin, au cœur du Palais des Mille Vertus, un matin d’hiver. Certains accusèrent son grand âge, car QING Lu avait déjà 81 printemps, alors que d’autres avaient parlé d’une ombre avec qui il aurait discuté quelques instants avant que son valet de pied ne le retrouve étendu dans la neige. Mais de ce personnage entièrement vêtu de noir, on ne trouva nulle trace, et les 2 concubines qui pensaient l’avoir vu parler avec leur maître ont été enterrées, vivantes, avec leur défunt amant, comme le veut une tradition ancestrale étrangement remise aux goûts du jour.

une notable Singe

3 – Philosophie de vie :

Les Pangus n’ont pas vraiment de religion officielle ; ils rendent un culte dévoué aux Ancêtres et aux Génies des Maisons et du Commerce. On les prie pour tenter d’influencer les seules choses que les membres du clan du Singe n’ont pas encore réussi à contrôler : la Chance, le Destin, le Sort (bon ou mauvais) et le Temps ! (autant celui qui passe que le temps qu’il fait). Pourtant, bien que nombre de Khalihurans pensent que les Singes ont le Commerce pour seule religion, cette civilisation a été traversée par deux grands courants spirituels :

  • • Le Chamanisme : depuis longtemps tombée dans l’oubli chez la plupart des Singes des villes ; des clans « primaires » ou « primitifs » comme ceux du Serpent, du Rat, du Bélier et de la Louve restent résolument dans ce courant.
  • • Le Dao Yin Yang, aussi appelée « Voie des Deux Tendances », religion fondée par Tseu Dao dont la société Singe actuelle s’inspire, tout comme les sociétés Tigre, Dragon et Cheval. Le Prince Omnipotent et sa cour affichent en tous les cas ouvertement leur appartenance au Dao Yin Yang. Par essence, Singes et Tigres sont plus attirés par l’aspect Yin, tandis que Dragons et Chevaux sont plus attirés par l’aspect Yang du Dao.

Loin d’être fermées les unes aux autres, le Chamanisme, qui compte encore quelques adeptes chez les Singes des campagnes, et le Dao Yin Yang cohabitent au sein de l’Empire avec un troisième courant religieux appelé Voix Lumineuse. Parmi les Pairs et les Bourgeois, on trouve des érudits, des prêtres et des moines qui défendent le Dao Yin Yang en tant que seule voie officielle, et ne reconnaissent la Voie Lumineuse que dans la mesure cela peut leur rapporter de nouveaux contrats auprès des Clans qui suivent cette nouvelle tendance. Les clans du Lièvre, du Coq, du Buffle et du Sanglier semblent avoir y adhérer, mais comment faire confiance à une religion qui a 4 courants internes si différents ?

Il est à noter que chez les Singes, le Dao Yin Yang est devenu au fil des années moins une religion qu’une philosophie de vie ; de cette discipline du corps et de l’esprit, est né un art martial enseigné à l’Ecole de l’Opéra du Singe Blanc

4 – Luxe et volupté, mais pour le calme, … :

a– De l’art de plier l’environnement à son bon vouloir et des dividendes qui en découlent :

La province administrée par le Clan du Singe est dans l’Empire du Khalihuru la seule sur le territoire duquel il n’existe pratiquement plus un centimètre carré d’environnement naturel. Montagnes, plaines, plages, criques, vallées, forêts, lacs, chaque parcelle de la province a été aménagée pour rapporter le plus possible à ses propriétaires, pour la plus grande joie de l’Empire, qui reçoit du Clan du Singe des subsides conséquents.

La technologie est à son zénith au cœur de ce clan de visionnaires fascinés par la nouveauté et les machines en tous genres. Métiers à tisser et autres machines-outils semi-automatiques, imprimeries, production et reproduction d’objets à grande échelle, les Singes sont des précurseurs en matière d’organisation du travail et création d’inventions. L’énergie nécessaire au bon fonctionnement de ces machines est fournie par des animaux ou des esclaves.

Déjà maîtres de la poudre noire, qui permet un usage militaire aussi bien que festif, des Pangus de la Guilde des Machines Savantes, née dans la Ville de Saphir, dans les Montagnes, ont à l’étude un chariot sans chevaux qui permettrait de convoyer les wagonnets à travers les mines sans utiliser d’hommes ni de mules… mais il leur reste à apprivoiser le pouvoir de l’ « eau-vapeur », qu’un jeune contremaître, fonctionnaire à la mine d’or et d’argent de Saphir, a pu observer à plus d’une reprise en préparant le thé pour ses collègues.

b – De la Voie des Artisans et de la bonne fortune des Maîtres de Guildes :

Le Peuple Pangu est un peuple d’artisans de talent, de marchands, de négociateurs et d’artistes. Âpres au gain, pragmatiques, flamboyants, polyglottes et sophistiqués, les membres du Clan du Singe aiment les soieries, les pierres et les métaux précieux, qui forment leur fond de commerce, auquel il faut ajouter les cotonnades, le lin, et la culture des perles, qui est pratiquée tout le long des côtes du lagon de l’île de Daïfeng (l’île du Grand Phénix). De plus, hommes et femmes qui en ont les moyens prennent grand soin de leur santé, de leur corps et de leur apparence à grand renfort d’épices, de parfums, d’onguents, de bains de vapeur, de khôl, de poudres colorées. La pharmacopée Pangu, très réputée, est remplie de remèdes plus étranges et parfumés les uns que les autres.

Chaque grande ville s’est spécialisée dans le commerce de l’une ou l’autre de ces richesses, et des guildes marchandes y sont naturellement nées. Les Pangus ont aussi tissé des relations commerciales avec tous les autres clans, au travers d’ambassades et de comptoirs (parfois l’ambassade EST un comptoir et vice-versa), afin de diffuser leurs produits mais aussi pour se procurer ce qui leur manque.

Un tableau existe qui résume les activités commerciales des grandes villes, des régions qui sont placées sous leur joug et de leurs spécialités.

un Noble Singe

c – De la Quête de la Longévité et des Bon Génies du Commerce Radieux :

Seul le Kouen est immortel ; les Khalihuran ont depuis bien longtemps admis que les enveloppes corporelles sont vouées à la destruction, tôt ou tard. Loin de rechercher l’immortalité pour leur corps, certains résidents de l’Empire désirent pourtant vivre le plus longtemps possible chacune de leur existence – et en particulier celles qu’ils vivent actuellement si elle est douce et riche.

C’est pourquoi un grand nombre de singes se tournent vers la pharmacopée, la religion, le chamanisme et toutes sortes de pratiques plus ou moins approuvées par la morale impériale afin d’accroître leur longévité, tout en préservant leur santé morale, mentale et physique.

Les grands symboles connus de longévité sont le Pin, la Grue, le Cerf et la Biche (le plus souvent blancs ou albinos), la Carpe, et l’idéogramme de la Longévité tout comme le Kirin et le Phénix, bien entendu. On les retrouve sous forme d’allégories peintes, sculptées (statues, bijoux, …), brodées, … ou de « drogues » vendues dans les marchés prévus à cet effet ou sous le manteau (poudre de bois de cerfs blancs, infusion de foie de carpe, laitances de morue compressées, …)

C’est dans la ville de Diamant que la Guilde de la Divine Longévité a été créée alors que l’Empire venait à peine de voir le jour. Elle a pris pour protecteurs des Génies du Commerce Radieux et à ce jour ne l’a pas regretté, leur vouant un culte intéressé mais fidèle et fastueux. Sous leurs auspices - et probablement parce que le nombre de Khalihurans plus ou moins riches cherchant à accroître leur espérance de vie ne cesse d’augmenter – la Guilde a connu une croissance exceptionnelle et a vu des comptoirs s’ouvrir dans presque toutes les capitales des provinces impériales, à commencer par le comptoir d’Oyama, qui est l’un des plus florissants. Quelques clans restent imperméables à la pénétration de la Guilde, dont le Clan de la Louve, mais les Singes sont loin de s’avouer vaincus facilement…

d – De la Protection des Convois et du Maintien de l’Ordre Etabli :

La majeure partie de la production des Guildes est vouée à l’exportation, et en particulier les produits de luxe et de grande qualité ; les broderies et les brocards incrustés de pierreries et de perles Pangus sont réputées dans tout l’Empire, et même au-delà, dit-on, tout comme les bijoux finement ciselés par les orfèvres du Clan du Singe. Ils ont donc constitué une force armée très organisée bien que peu hiérarchisée pour protéger leurs villes et villages, leurs caravanes, leurs mines, leurs ateliers d’ostréiculture et leurs magnaneries. Elle repose sur des milices locales, toujours prêtes à se fédérer en cas d’attaque ou de menace massive.

Une armée de métier existe aussi, et les casernes et camps militaires – où le confort est loin d’être spartiate - sont dispatchées dans tout le territoire du clan de façon à protéger les axes marchands, les populations et les lieux stratégiques (mines, parcs à huîtres, …) Les militaires de carrière sont des fonctionnaires du Clan, et les miliciens sont dédommagés de leur charge par les communes.

Les Pangus aiment communiquer, et ont permis à l’Empire de se doter d’un excellent réseau de communication calqué sur celui qu’ils ont développé depuis plus de 1000 ans, et qui combine l’utilisation de diverses formes de convoyage (humains, animal, etc.)

Loin de se sentir à l’étroit dans le territoire, les Pangus se sont assurés les bonnes grâces de la province impériale et de nombre des Clans en payant grassement certains fonctionnaires et dignitaires de la cour - ils en ont les moyens. La corruption n’est pas considérée comme un vice en territoire Pangu ; le « jeu des cadeaux » (certains diraient bakchichs), qui permet de s’attirer des faveurs, des contrats, des amitiés, des alliances et autres bonnes grâces fait partie de la vie quotidienne des membres du Clan du Singe. Il est étrange que l’Empire le conçoive différemment depuis quelques temps.

e – Travail, Famille et Niveau de Vie :

Les Pangus sont des bêtes de travail. Dans cette méritocratie où tout s’achète et tout se vend, la place de la famille et du Clan reste primordiale, bien que les Pangus soient résolument « nombrilistes ». Les membres du Clan du Singe fonctionnent par réseaux ; leurs motivations sont

  • 1) d’amasser des richesses pour assurer la pérennité et la stabilité de leur famille proche et de leur Clan ;
  • 2) de protéger leurs biens (richesses, famille et Clan) ;
  • 3) de faire vivre et de voir fructifier leur réseau de connaissances, car toute connaissance peut aider à atteindre l’un des 2 premiers buts.

Les membres du Clan du Singe sont centrés sur eux-mêmes, mais l’individu n’existe que grâce à ses réseaux d’influence. Tout ce qui ne fait pas partie d’un cercle d’influence connu peut potentiellement y entrer. Tout ce qui refuse d’intégrer un des cercles d’influence doit être écarté ou détruit, en fonction du niveau de menace pour l’harmonie du groupe et de l’individu.

La « famille proche » est constituée des grands-parents et des arrières-grands-parents s’ils sont toujours en vie, des parents, des oncles et tantes et de leur progéniture. Les mariages entre cousins issus de germains sont déconseillés mais pas interdits, en particulier si le patrimoine familial est en péril.

La plupart des mariages sont arrangés, à l’intérieur ou à l’extérieur du Clan, pour des questions de préservation des patrimoines, d’alliances entre guides marchandes ou commerçantes, … nombre de jeunes femmes et de jeunes gens sont élevés dans le but d’être mariés à d’autres familles afin de devenir des « passerelles » entre le Clan du Singe et les autres Clans (en particulier le Clan du Tigre), pour assurer la sécurité du Clan de Singe et sa prospérité.

L’Amour n’étant pas la première motivation pour le mariage, hommes et femmes sont autorisés à entretenir des relations avec des concubins ou des concubines, mais la polygamie et la polyandrie sont proscrits, tout comme l’inceste entre parents directs (père, mère et enfants directs). Il est cependant déjà arrivé qu’un oncle épouse sa nièce (la fille de son frère, par exemple) ou en fasse sa concubine. Le métier de concubin(e) est un art à part entière et ces derniers jouissent du même respect et d’un rang similaire à celui de leur maître(sse) au sein du clan. La fréquentation de concubins et de prostitués reste tout de même une activité officiellement « clandestine », qui n’est pas vouée à être officialisée au grand jour… Mais bon, dans le Clan du Singe, tout s’achète et tout se vend, même la légitimité d’époux ou d’épouse, et pour peu que le conjoint officiel manque de caractère ou d’influence, un concubin (homme, femme, travesti, …) peut prendre sa place dans les dîners officiels ou les activités quotidiennes.

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