Le Clan du Tigre

a. Introduction : un peu d’histoire

Depuis des temps immémoriaux le clan du tigre vit en harmonie avec la nature et n’est guère prolixe sur l’intimité de sa culture.

L’école de vie du Dao Yin Yang est ancrée dans tous les préceptes de la vie du clan. Dès la naissance, les jeunes développant des aptitudes particulières sont dirigés vers les différents corps de métier afin de devenir des orfèvres dans leur art respectif. Mais les plus recherchés, et donc les plus choyés, sont ceux dont la vocation se tourne vers le Dao.

Pour perdurer, la spiritualité des Tigres évolua lentement mais régulièrement au fil du temps. Aux origines vint le Chamanisme. Les Chamans Tigres étaient parmi les plus réputés au temps de l’Empereur de Jade pour leur grande piété et leurs relations particulières avec les Sei-Di des jungles qui recouvrent encore aujourd’hui la quasi-totalité de leur territoire.

La chute de l’Empereur de Jade et les vagues de Chi déferlant sur l’Empire ont eu des effets au sein de ce territoire : quand les Sei-Di du dessous remontèrent à la surface, tandis que les Chamans Rats avaient choisit de les combattre, les Chamans Tigres, bien au contraire, en avaient choisi de pactiser avec ces forces afin d’accroître leur territoire.

Lorsque les Sei-Di du Yin furent repoussés, les Chamans Tigres furent repoussés, et certains même exécutés pour l’exemple, par les forces impériales. L’Empire, pour contrer l’influence des Chamans, favorisa l’émergence et la propagation de la nouvelle école de vie : le Dao Yin Yang.

Le Dao Yin Yang eut du mal à s’imposer dans les premiers temps, avant que les 2 classes dirigeantes, les Nobles et les Prêtres, ne découvrent le moyen d’en tirer un profit substantiel. Dans le but d’assurer une pérennité à leur culture et de recréer une unité au sein du Clan qui puisse légitimer leur pouvoir absolu, ils imposèrent au peuple de suivre à la lettre les préceptes du Dao qu’ils avaient eux-mêmes modifiés. La dévotion au culte des Sei-Di se fana peu à peu.

Plusieurs écoles du Dao ont émergé au sein du Clan. La plus connue est aussi la première qui fut imposée par les classes dirigeantes. Cependant, certains adeptes tigres, qui avaient entendu parlé des préceptes des origines édictés par Tseu Dao, parvinrent à s’en procurer des copies et à les diffuser, sous le manteau. Une partie de la population put y découvrir que le Dao Tigre était parfois aux antipodes de celui des origines, créant des factions dissidentes au sein du clan. Restant souterraines, ces factions se développèrent jusqu’à ce qu’une vague de contestation ne déferle et n’ébranle les fondations mêmes du pouvoir en place. Ce qui n’aurait pu être qu’une révolte « paysanne » se transforma en crise politique grave, des membres de l’élite ayant rejoint l’école des origines. La répression qui s’en suivit ne restaura jamais le pouvoir ancien dans sa totalité, et il fut bientôt renversé par ceux qu’il avait cru écraser…

Une nouvelle ère commençait pour le clan. La structure du pouvoir actuel découle de la reconstruction qui eut lieu à cette époque.

b. La structure du pouvoir politique

Le Clan du Tigre est un clan structuré et hiérarchisé où chacun a sa place et doit y rester :

1 – Les Sambô :

Un Guerrier Tigre par J. Greywolf

Les Nobles, ou Sambô, règnent sans partage, mais se plient en tout point aux règles du Dao. Le protocole leur impose de ne prendre aucune décision majeure sans avoir consulté un ou plusieurs Prêtres, les Laöks, porte-paroles du Peuple. Le plus souvent, les Sambôs suivent les conseils des Laöks. Il est arrivé que des Sambô choisissent de les ignorer. Etrangement, le malheur s’était alors, semble-t-il, acharné sur l’entourage de ces individus.

Parmi ces nobles, une famille a installé sa dynastie à la tête du Clan : les Tsou-Hang. Tsou-Hang Lee et Tsou-Hang Hinarya, mari et femme, dirigent ensemble cette famille et le clan tout entier.

Tsou-Hang Lee, 50 ans depuis peu, est perçu par les dirigeants des autres clans et ceux qui le fréquentent comme un homme affable et sociable, jouant l’ouverture tout en sachant rester ferme quand les intérêts du clan sont en jeu. C’est un redoutable diplomate dont le sourire dissimule un sabre. C’est un lettré qui profite de sa situation dominante pour jouir de sa bonne fortune.

Quant à Hinarya, cette jolie jeune femme de 25 printemps a su prouver à son peuple son acharnement à le défendre lors des rencontres diplomatiques avec l’Empire et les autres clans. Elle a toujours su faire preuve d’une grande maîtrise d’elle-même et d’une maturité inhabituelle pour une jeune femme de son âge. Les Prêtres paraissent lui vouer une loyauté sans borne ; on raconte que son affinité avec les Laöks sont la source de ses vertus.

Le couple dirigeant a été honoré par le Destin ; en cinq années d’un mariage sans nuage, Hinarya a déjà donné naissance à une petite fille, Inata, 4 ans, et un petit garçon, Lao, 2 ans.

Les Tsou-Hang entretiennent des relations courtoises avec les royaumes extérieurs, plus particulièrement avec le Clan du Cheval et le Clan de la Louve. La ligne directrice est d’être toujours affable avec les autres et ne jamais déroger à la règle suivante : « Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais qu’ils ne te fassent. »

Les Tsou-Hang ont su s’entourer de fidèles conseillers :

  • Pour ce qui est de la politique, le 1er conseiller Chee-Uh est un Laök puissant de par sa position de frère d’Hinarya. Il aurait pu diriger le monastère de Fa-Gua, construit au bord de la faille pour en « protéger » les accès et en capter les énergies. C’est un conseillé zélé qui s’applique à apprendre et à archiver tout ce que les Tigres savent sur les autres Clans, dans le soucis d’appliquer à le lettre le vieil adage : « Connais ton ennemi, et méfie-toi de tes amis. »
  • Mêrk Ban, un homme robuste d’une quarantaine d’années, est le conseiller militaire du Clan. Sur lui repose le destin de la population ; il a en charge de protéger le territoire d’assauts extérieurs et d’aider, si l’Empire le lui commande, d’autres clans par l’envoi de troupes. Jusqu’à présent le Tigre n’est jamais entré en guerre avec un autre clan, en tous les cas ouvertement.
  • Le couple dirigeant a un conseiller personnel, Nâ Nyom baptisé par certains fonctionnaires « ombre grise ». Son rôle est de protéger le clan de tout complot, qu’il soit intérieur ou extérieur.
  • L’économie et les caisses du clan ont été confiées à des moines, sous la direction du sage Nyn Vihee, sur qui repose la lourde responsabilité de lever les taxes du royaume et de peaufiner les traités de négociation commerciale. Il est en relation directe avec le Questeur Impérial, Zhu Zhing, qui réside comme il se doit au sein de la préfecture impériale.
  • Le représentant du peuple est Laök Arkal qui n’est autre que le chef du village de Laykion cho-dee. Son rôle est bien évidemment d’assurer le bien être du peuple, en étant sa Voix et son Oreille. Cependant, il veille aussi à ce que son village prospère.

2 – Les Laök :

La culture et les enseignements du Dao sont transmis par les Laöks et de leur Pontife, Samrâk Sang. Cet homme vénérable gère toutes les activités qui découlent de la pratique et de l’enseignement du Dao. Les temples et les monastères sont bien évidemment tous placés sous son autorité. Il réside lui-même dans le temple de la ville de Theny Vihe.

La plupart des Laök sont regroupés dans des monastères. Ces lieux sont des piliers de l’économie Tigre, puisque les paysans dépendant de ces lieux produisent des denrées de base (céréales, légumes, bétail, …) revendues par les Laök qui sont en quelques sortes les banquiers et les guildeurs du Clan.

Certains Laök arpentent tout le territoire, recouvert d’une épaisse forêt tropicale, pour inculquer la foi et rechercher les vocations naissantes chez les plus jeunes. C’est par eux que se transmettent au peuple les nouvelles et les directives, qu’elles soient claniques ou impériales.

Les trois ordres de Laöks sont les Bonzes (qui résident dans les temples), les Moines (qui vivent dans les monastères) et les Ashars (que l’on ne trouve que dans des lieux reculés de la jungle). Certains Laöks sont versés dans les arts guerriers et organisent des milices paysannes qui peuvent être regroupées à la demande de la Famille Tseu-Hang pour constituer une armée.

Un moine Tigre par Delphine

3 – Le Peuple :

80% de la population entre dans cette catégorie. Ce sont surtout des paysans (70%), des artisans (20%), et des ouvriers (10%).

Le peuple, mis à part les jeunes gens repérés par les Laök, est conditionné par ces derniers à demeurer dans une ignorance béate et servile. On leur inculque oralement les grands préceptes du Dao, les lois et tabous, qu’ils doivent respecter scrupuleusement, sous peine de terribles sanctions.

Le peuple n’est pas en sécurité sur l’ensemble du territoire. De nombreuses créatures vivent ou hantent la jungle. Parmi elles, des légendes parlent d’entités nommées Neck-Tea, que seuls de rares Laök sont parvenus à approcher sans en mourir.

Les esclaves ne sont pas comptés dans cette catégorie. Erigés au statut de meubles, les esclaves appartiennent corps et âmes à leur propriétaire et seraient plus nombreux que les Tigres veulent bien l’admettre. Les mauvaises langues disent que Laykion Cho-dee doit son économie florissante au commerce des esclaves de tous âges.

c. Géographie et Economie Tigres

En harmonie avec la nature se sont développées quatre villes aux endroits les plus fertiles :

  • Au cœur de la forêt tropicale, la capitale, Theny Vihe. En ce lieu des autels Chamanistes ont été convertis en lieux consacrés au Dao par la construction de temples. C’est une ville entièrement dédiée à la pratique et aux rituels Dao, où tout Tigre de foi se rend pour approfondir ses connaissances et sa spiritualité. En osmose avec la nature dans son écrin de jungle, il se dégage un sentiment de paix et de bien être que nul bruit ne vient perturber. Chanvre et pavot sont cultivés à grande échelle et les produits dérivés constituent les bases de l’économie de la capitale. Theny Vihe est riveraine du monastère de Fa-Gua, construit aux abords de la faille pour en « protéger » les accès et en capter les énergies.
  • Au sud, Tiek Rong. Située au confluent de toutes les rivières, elle voit toute son activité centrée autour de la culture du riz et de l’élevage des bovins, des poissons et des batraciens. C’est une cité lacustre où la moiteur est constante malgré un soleil de plomb la plupart de l’année. Une partie de sa production transite par la ville de Laykion Cho-dee, comptoir principal du Clan.
  • A l’est, Laykion Cho-dee est, sous l’impulsion de son bourgmestre Laök Arkal, devenue un grand carrefour économique sur le point de supplanter la capitale. La ville aux milles facettes, au sein de laquelle se mélangent différentes peuplades, jouit d’une une atmosphère conviviale ; c’est la une plaque tournante du commerce avec les guildes inter-clans et bien sûr avec l’Empire. Tout s’achète et tout se vend ici sous l’œil bienveillant de celui qui a développé sa ville pour en faire un lieu de passage incontournable.
  • Au nord, au pied des montagnes, Voat Dey. Dans un magnifique paysage se dresse le monastère de Dey, un lieu austère propice au recueillement où tout pèlerin peut se ressourcer. Les moines vivant en ce lieu abritent des orfèvres. Les filons sont exploités et les métaux sont transformés sur place ; la qualité des bijoux et des armes forgés au monastère de Dey est reconnue dans tout l’empire.

Une route, entretenue par le Clan avec l’aide de l’Empire, relie ces quatre villes.

d. Mœurs et Comportements

On naît Tigre, mais on peut le devenir, par conversion, par mariage ou par adoption ; l’accession à la reconnaissance de l’identité du nouveau Tigre doit être entérinée par le Conseil des Laök.

Les Tigres obéissent toujours à leur supérieur, et les comportements sont en accord avec ceux pratiqués dans l’ensemble de l’Empire.

Un dame Tigre par Delphine
  • Le Couple Impérial est placé au-dessus de la Famille Tseu-Hang, qui dirige le Clan.
  • A titre égal, les Laök sont placés au même niveau que les fonctionnaires impériaux.
  • Les Sambô, hormis les membres de la Famille Tseu-Hang, sont placés sous les Laök et les fonctionnaires impériaux.
  • Officiellement, les membres des autres clans sont considérés au même niveau qu’un Tigre de même titre, en particulier s’il s’agit d’un adepte du Dao.
  • Le Peuple doit respect et obéissance aux Forces Impériales, aux Sambô et aux Laök.
  • Les esclaves ne sont rien et ne doivent leur salut qu’à la bonté de leur maître.

Les Tigres se doivent d’être ouvertement pieux et de respecter les préceptes du Dao. Certaines familles continuent leurs dévotions aux Sei-Di dans le secret de leur demeure.

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